


Mon quart de siècle avec les Berbères – Amazighs
l’échec de la transmission des langues parlées
Entre philosophie du langage, mémoire et pédagogie vivante :
La langue vivante et la langue standardisée :
Au début des années 2000, 30 % des Marocains parlaient encore une langue berbère. Ce chiffre, déjà alarmant, a poussé l’État à agir. Une stratégie fut mise en place : enseigner, normaliser, unifier.
Mais derrière cet élan se cachait un piège silencieux : celui de croire qu’une langue doit d’abord être standardisée pour être transmise.
Or, qu’est-ce qu’une langue, sinon une matière vivante ?
Pour un enfant, c’est la musique du monde, la voix qui le berce avant les mots.
- Elle se glisse dans ses oreilles avant de se graver dans sa mémoire. Elle n’a pas besoin d’alphabet ni de grammaire — elle a besoin de présence.
- L’enfant apprend la langue de ceux qu’il aime, pas celle des manuels.
Pour un adulte, la langue devient un miroir.
- C’est par elle qu’il pense, qu’il se raconte, qu’il rêve. Lorsqu’on lui rend sa langue sous une forme étrangère à son oreille, il reconnaît les mots mais pas la voix. Il parle, mais ne se retrouve plus.
Dans une famille, la langue est un fil invisible : le mot de tendresse, la dispute, la prière, la plaisanterie du soir.
- C’est elle qui fait circuler l’amour et la mémoire. Si ce fil se brise, la parole devient orpheline.
Pour une tribu, la langue est un territoire.
Chaque parler amazigh — rifain, chleuh, kabyle, touareg — porte une géographie du monde : montagnes, mers, oasis, saisons.
Vouloir fondre ces parlers dans un moule unique, c’est aplanir les reliefs du cœur.
Et pour un peuple, la langue est un souffle de continuité.
Elle ne vit pas dans les dictionnaires, mais dans les gestes quotidiens, dans le pain partagé, dans le rire des enfants.
La première erreur des intellectuels fut peut-être de confondre unité et uniformité.
- Une langue ne se sauve pas en l’unifiant, mais en l’aimant.
- Elle ne se préserve pas dans les institutions, mais dans les foyers, les marchés, les berceuses.
- Les langues Berbères Amazighes ne doivent pas être enseignées comme une règle, mais réveillées comme une mémoire..Chaque enfant devrait d’abord entendre sa langue comme une chanson du lieu où il grandit, avant d’apprendre que d’autres chants, ailleurs, lui ressemblent.
- Ainsi, au lieu d’une langue figée, nous aurions une constellation de langues vivantes, reliées par le respect, nourries par la diversité, unies par la tendresse du mot “Tamazight”.
Yves-Julien PESCHEUR - 23 Octobre 2025
SORTIE JUIN 2026


Ce livre est né d’une amitié exceptionnelle, commencée dans les années 70, presque par hasard, autour d’un reportage solidaire. Denise Bauer, grande reporter à Antenne 2, était venue raconter l’initiative de mon cousin, coiffeur à Vesoul, qui offrait ses services aux personnes âgées en difficulté. Ce soir-là, autour d’un dîner improvisé, nous découvrîmes un secret vertigineux : Denise et moi étions nés le même jour, le 11 juin 1941, elle à Rabat, moi en Haute-Saône. À partir de là, une amitié de cinquante ans s’est tissée, rythmée par des anniversaires partagés et une complicité indéfectible. Denise portait en elle un roman :
Une ombre dans la Kasbah, qu’elle n’a jamais vu publié de son vivant. Aujourd’hui, avec son neveu Jean Claude Bauer, nous lui offrons enfin ce passage vers les lecteurs, comme un dernier rendez-vous, fidèle à son sourire et à sa passion des histoires
Ce livre sortira fin Juin 2026

