Editions Sefraber

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Écrit par sefraber   

C'est grace  à Carthage que le  Grec  est devenu la langue des intellectuels nords africains.Le grand Massinissa, le plus berbère des souverains fit donner à ses fils une éducation grecque. L’un deux , Micipsa, vivait entouré de lettrés grecs. C’est en grec qu’écrivait le  roi numide HIEMPSAL  dont Salluste a  consulté les récits. C’est en grec que JUBA II, le roi berbère  de Cherchell rédigea  de nombreuses  compilations.

Les Goths étaient  entrés dans Rome, et les Vandales assiégeaient  sa propre cité, mais en mourant Augustin  laissait  au génie de  l’Afrique la pensée la plus  durable dans l’œuvre la plus classique, nous laissant cet exemple du dualisme méditerranéen surmonté par soi-même  dans l’unité de l’Esprit. On peut dire que par cet exemple, venu d’un Algérien,  de ce pays  toujours  déchiré entre ses tendances extrêmes  entre l’Occident et l’Orient, entre la passion et la raison, dès le Vème  siècle , les possibilités  du devenir culturel  de l’Afrique  du Nord  étaient  tracées. L’Afrique  romaine  gouvernée par les vandales,  on  pratiqua  encore  le latin à la cour des rois barbares où l’on menait une  vie  fort raffinée. Les écrivians  comme  Draconcius  et Fulgence  s’y pressaient pour célébrer, toujours en latin , la joie de vivre. Ensuite  on observe  une période  de guerre, d’anarchie  d’insurrections, avec le départ des Vandales, l’arrivée des Byzantins , la reconquête de l’Afrique par les romains d’orient,  époques  peu favorables à la vie littéraire.

 

De même que le punique et le grec  s’étaient superposés aux idiomes berbères, le latin s’implanta en Afrique du nord  au temps d’Auguste , puis le  christianisme  contribua  à répandre  largement le latin comme  langue utilisée par les peuples berbères. Les  deux principaux auteurs du début de l’ère  chrétienne  furent Florus et Manilius dont  il y a peu à dire .C’est  à partir du IIème  sièce  avec :Apulée : né à Madaure près de Tebessa, qui fit ses études à Carthage  avant de parcourir le monde  en quête d’aventures  autant spirituelles  que physiques.Fronton : né à Constantine , qui  fut le maître à penser de l’empereur Marc Aurèle C’est  avec  eux  que les  écrivains  africains  s’imposent dans la littérature latine.Vinrent  ensuite  les animateurs de la littérature chrétienne  d’Afrique; Tertullien  qui  est né  à Carthage ,  violent passionné, en perpétuel état de  révolte,Minucius Félix  originaire de Tebessa , Puis  nous arrivons  à   l’époque de Saint Augustin  né  en 354  à Soukh Ahras, de parents berbères  romanisés :  Monique  née  chrétienne  et Patricius, son père, resté païen. Ecolier à Madaure, étudiant à Carthage,  Augustin a mené une vie très mondaine adonnée  aux plaisirs et aux passions. Il fut  professeur  à Carthage- Rome et Milan.  C’est à Milan qu’il connut  la fameuse journée d’illumination  qui le  conduisit  à 33 ans  au baptème  chrétien. Devenu prêtre  puis  évêque d’Hippone (  l’actuel  Annaba ) il  le restera  jusqu’à sa mort  survenue le 28 Août 430 dans  sa ville assiégée par les Vandales de Genséric.

 

Dans  les siècles  dits  obscurs, voici  le  VII  ème  siècle  avec  l’invasion arabe. L’invasion arabe n’a pas  eu pour conséquence immédiate de faire  disparaître les parlers berbères, ni même  le latin  et le grec ; mais en donnant à l’Afrique  du Nord , avec une nouvelle et durable religion, de nouveaux aspects  ethniques et sociaux, elle lui a peu à peu  donné aussi une langue liturgique : l’arabe du Coran, qui est devenue pendant des siècles son unique  langue de  culture   donnant  en  13 siècles  une  dizaine  seulement  de véritables  auteurs  algériens.

Dans l'anthologie des plus  beaux textes de littérature arabe, parmi  les  130 auteurs  recensés, il n'y  a  eu qu'une  dizaine  d' auteurs algériens, au cours des  7  premiers siècles de l'Islam,  la littérature arabe a été  composée  de récits et de descriptions faites par les historiens, les géographes, les voyageurs, tels que : El Yacoubi, El Bekri, Edrisi, Ez Zohri ou Ibn Batouta, mais  ceux-ci n'étaient  ni algériens ni même maghrébins. Il faut attendre les chroniques ibâdites d'Ibn Rostem au début  du 9ème siècle d'Ibn Saghir fin du 9ème et les poèmes d'Ibn Rachid au début  du 11ème siècle  ainsi  que la chronique d'Abou Zakariya  à la  fin du 11ème, tandis que la  ville de  Bejaia, capitale des souverains hammadites  au 11ème siècle se  révélait un centre intellectuel et artistique très animé.

Avec Sidi Boumédine , la ville de Tlemcen devient dès le 12ème siècle  à l'époque des princes mérinides et abdelouadites le  flambeau de la civilisation arabe..

Ibn Khamis  au 13eme siècle a été considéré  comme le plus  grand poète de la civilisation tlemcenienne  avec des poésies profanes,  mystiques des panégyriques et des  bucoliques.  Le  14ème  siècle  fut  certainement l’époque la plus  brillante de Tlemcen ainsi qu'en témoigne l'historien Yahia Ibn Khaldoun  frère du grand Ibn Khaldoun.  Né  à Tunis, sa carrière aventureuse  s'est déroulée à Bougie, à Biskra et à Bône où il fut emprisonné. Il mourut assassiné  à Tlemcen.  C'est par lui que  nous connaissons  bien les fastueuses réceptions qui se donnaient à la  cour du prince-poète Abou Hammou II, où les jeux de l'esprit et les fleurs de rhétorique charmaient une société exquisement  policée. A la même  époque le  constantinois Ibn el Khatib décrivait dans sa Farisiya, les charmes analogues de la  dynastie tunisienne des Hafsides. De  1332  à 1406  Ibn Khaldoun a mené une  vie prodigieusement remplie.  De l'Espagne  jusqu'à l'Orient en passant par le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, l'Egypte, il occupa  des postes prestigieux.  C'est  à Taourzout près de Tiaret  qu'il se retire  pendant 4 ans  et  qu'il écrit l'introduction de  l'Histoire des Berbères., répondant à une  notion scientifique de l'histoire, il est le plus moderne des  classiques arabes.

Pendant ce temps  à  ALger,  Sidi Abderrahmane al  Tsaalibi  tentait  de concilier le mysticisme des  soufis et la Loi orthodoxe. Le déclin de la littérature arabe coïncide  avec l'arrivée des turcs  à partir  du 16ème siècle. Les noms et les oeuvres remarquables se font assez rares, on note des  oeuvres satiriques et populaires avec Ben Youcef de Mascara  Benemsaïb de Tlemcen  Bessouiket le barde du Chélif et Rahmouni de Constantine. IL  fallut attendre la  Renaissance de la  culture arabe dans le monde au début  du 19ème siècle. Celle ci  commença en Egypte mais ne gagna que tardivement l'Algérie où l'implantation française ne pouvait guère la favoriser.

Pendant  tout  ce temps, la littérature Berbère n'est  connue  que par la transmission  orale, on  peut difficilement parler  d'écrivains  berbères. Pourtant cette littérature  existe,  souvent anonyme  elle se perd  dans la nuit des temps traditionnels et ses oeuvres  sont difficilement datables. Il y  eut de nombreux  trouvères  touareg et  notamment la fameuse Dassine. Les  kabyles , par leurs contes , parcourent  toute la  gamme de l'imagination populaire, du magique au religieux, du merveilleux  aux récits de batailles, des énigmes amusantes aux légendes hagiographiques en passant par les fabliaux. La poésie kabyle va plus loin. C'est un chant profond. Pour la bien sentir il fallait qu'un équivalent poétique nous en fût donné en français par un poète capable aussi bien de l'éprouver du dedans que  de l'exérioriser  en Français,  c'est  ce qui se produit avec Jean el Mouhoud Amrouche et son recueil de Chants Berbères de  Kabylie,  ainsi qu'avec  Marguerite Taos. Dès le début du 20 ème siècle : Si Mohand  est le plus fameux des poètes kabyles.  Le  nom de Slaïl Azikkiou  est  également connu,  ceux de Ouary Malek et de Noureddine aussi.

Et  aujourd'hui qu'en est-il   du monde littéraire  berbère ?

-Le grand mérite dans l'entreprise de sauvetage du conte kabyle revient incontestablement à Auguste Mouliéras qui, entre 1893 et 1897, faisait paraître deux gros volumes de textes kabyles sous le titre de Légendes et contes merveilleux de la Grande Kabylie , dont Madame Camille Lacoste-Dujardin  a donné une traduction intégrale en 1965.

-Dans une prose empruntée au conte, mais retravaillée et soumise à la contrainte qu’impose la volonté de l’écrit littéraire, Bélaïd Aït Ali, dont les pères Blancs ont publié, en 1964, Les Cahiers ou la Kabylie d’antan , a raconté des histoires qui tiennent à la fois du conte, du roman et de la confession, Déjà avant lui, mais avec moins de talent, Belkassem Bensédira avait, à la fin du siècle dernier, écrit des fables anciennes dans une prose littéraire. Ces deux tentatives demeurent encore isolées, de même que celle de Boulifa qui, au début de ce siècle, a composé un ouvrage en prose sur la Kabylie. La prose de ces trois pionniers se situe à mi-chemin entre celle du conte, dépouillée et concrète, et une prose moderne, imagée et plus intellectuelle.

-Sans  chercher à polémiquer, force est de constater  par exemple  que les  kabyles  parlent le français  mais l'écrivent  mal ;  ils  écrivent l'arabe  mais  ne veulent  pas le parler,  ils  parlent le berbère  mais  ne  savent pas l'écrire. Il n'y a pas  véritablement de  demande massive d'apprendre  à  écrire  tamazight, de plus  des courants  d'idées  voudraient  soutenir  l'écriture  Tifinagh  sous prétexe  que  c'est la  langue  d'origine. On  doit pourtant tenir  compte  que  depuis  au moins 2.000 ans  cette  écriture  est  surtout utilisée  par les touaregs  qui tracent  leurs  signes dans le sable  essentiellement pour des raisons stratégiques., même  si l’on  constate  une demande  chez les berbères  du Maroc, nous  restons  dans un phénomène  très  marginal. Le  choix  de  Sefraber d'offrir  notamment aux  enfants  des  livres de contes  écrits en 3  écritures   ( Français-Tamazight – Arabe ) va leur  permettre  de donner une transcription  écrite à ce qu'ils n'ont connu que  dans l'oralité, en s'appuyant  sur  les  écritures  arabes et  françaises pour mieux  comprendre  et apprendre tamazight, ils pourront du même  coup parfaire leur  écriture en français.

 
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